Voici deux mois que les employés de la Caisse de développement de l’élevage du Nord (Cden) n’ont pas perçu leur salaire. A l’exception de leurs collègues de l’Extrême-Nord qui ont perçu leurs salaires du mois de septembre 2012, tous attendent instamment une réaction du Trésorier payeur général pour le Nord. C’est que, depuis le 28 septembre 2012, le comptable du Cden, Nestor Amadou, n’a plus été aperçu dans la circulation.
L’homme qui assure la comptabilité du Cden, de l’Ecole de faune et de la délégation régionale de l’Elevage, des pêches et des industries animales pour le Nord, s’est évaporé avec au moins 55 millions Fcfa. Fin septembre, l’agent financier du Laboratoire national vétérinaire (Lanavet) qui attend un virement de 52 millions Fcfa de Nestor Amadou, constate que seulement 15 millions Fcfa ont été virés. Deux jours plutôt, le comptable avait pourtant décaissé l’argent nécessaire pour régler le Lanavet au titre de règlement des vaccins alloués à la Cden.
A la Caisse de développement de l’élevage du Nord, le coffrefort révèle seulement 600.000 Fcfa. «Hormis 52 millions Fcfa décaissés par le comptable pour payer les factures des vaccins, la Cden a un fonds, un budget propre constitué des pourcentages liés aux taxes sur l’abattage du bétail, des prélèvements sur les marchés à bétail, sur les vaccins et sur les produits halieutiques», explique Bobbo, un technicien d’élevage de la Cden. Combien y avait-t-il dans la caisse ? Mystère. Désormais, c’est chacun qui y va de son interprétation pour expliquer la disparition du comptable. «Nestor Amadou a travaillé une dizaine d’années à ce poste comptable sans anicroche.
Il aurait été victime des feymen qui lui auraient promis la multiplication des sommes contenues dans ses coffres forts», explique Ibrahima Souaibou, un de ses anciens collaborateurs. Pour un vétérinaire en service à la délégation du Minepia, «le comptable a utilisé cet argent progressivement avec la complicité aussi bien des cadres de l’élevage que ceux du trésor à Garoua. Il n’avait d’autres choix que de disparaître».