LA DIFFICULTÉ D’EXISTER COMME OPPOSANT DANS UN PAYS OÙ IL EST PLUS FACILE DE GAGNER UNE ÉLECTION QUE D’EN DEVENIR CANDIDAT :: CAMEROON

 

CAMEROUN : LA DIFFICULTÉ D’EXISTER COMME OPPOSANT DANS UN PAYS OÙ IL EST PLUS FACILE DE GAGNER UNE ÉLECTION QUE D’EN DEVENIR CANDIDATLe Cameroun est un pays miné par la corruption, et verrouillé par la répression. Ceci se vérifie dans les obstacles aux libertés publiques, par exemple le refus par les sous-préfets, préfets et gouverneur de Région de laisser se tenir les réunions politiques et autres manifestations tant un soi peu qu’elles émanent de l’opposition. Ce verrouillage se vérifie aussi dans le manque d’égalité et d’équilibre dans le traitement médiatique par les médias publics, où l’analyse et l’information objective a laissé la place au relais de la propagande du parti au pouvoir et à l’adulation de son chef. Même la presse privée monnaie ses publications, ou reste seulement événementielle du fait que l’État et la situation l’a réduite à la mendicité.

En revenant aux sujet qui nous intéresse en ce moment, à savoir les élections législatives et municipales du 30 septembre 2013, vous constaterez que, pour confirmer les rejets d’ELECAM des dossiers de l’opposition, la Cour Constitutionnelle  a fait semblant de se retrouver devant un casse(tête par rapport à l’interpréter de l’article 151 alinéa 3 relatif au genre et à la composa,te sociologique. Un Conseil Constitutionnel bien composé doit être en mesure de saisir les aspects politiques, c’est-à-dire qui tirent leurs sources de la politique faite des émotions et des apparences, afin de contribuer à l`évolution de la démocratie camerounaise. Or nous avions en fait un Conseil Constitutionnel acquis à la cause de l’Exécutif. À preuve cette Haute Cour n’a visiblement tenu compte de ces aspects politiques que du point de vue du parti au pouvoir.

Les partis politiques sont régulièrement en contact avec le peuple. Ils connaissent l`aspect sociologique du peuple. En rejettant de façon systématique les requêtes de l’oppostion , cela crée une certaine frustration du peuple, et ce n`est pas bon (dixit Me Mba Ndam).

À titre d’exemple, le cas de la circonscription de Lékié Est. La liste MRC a été rejettée parce qu’elle ne comportait pas de  femme titulaire.

Pour une meilleure illustration, voici les compositions des listes MRC et celles RDPC dans la cette circonscriptions :

Nombre total de sièges : 03 titulaires et 03 suppléants

Liste MRC : 04 autochtones (66%), 02 femmes (33%), 02 allogènes (33%), 03 titulaires hommes, 0 titulaire femme, 01 suppléant homme, 02 suppléantes femmes.

Liste RDPC : 06 autochtones (100%), 01 femmes (16%), 0 allogènes (0%), 02 titulaires hommes, 01 titulaire femme, 03 suppléants hommes, 0 suppléante femme.

Résultat des courses, la liste RDPC est validée par ELECAM et confirmée par la Cour Constitutionnelle, par contre la liste MRC est rejettée par ELECAM, rejet confirmé par la Cour Constitutionnelle.

Il était évident que cette Haute Cour était totalement aux ordres de l’exécutif et ceci était  caractérisé par :

L’omni-présence du Ministre Grégoire Owona qui à chaque fois que les débats se compliquaient pour une liste du RDPC, il se levait lui-même pour venir donner « DES CONSEILS DE SAGE » à la Haute Cour qui en prennait toujours acte par la voix du Procureur Général.

Le Conseil Constitutionnel a décidé d’interrompre le role n° 14 en cours et dont l’objet était la demande d’acceptation de la liste MRC de Lékié Est pour d’abord statuer sur le role n°15 dont l’objet était la demande par le MRC du rejet de la liste RDPC, car d’après le Procureur Général, sic : « nous risquons de nous faire prendre dans notre propre jeu si nous ne connaissons pas les arguments utilisés par le candidat du MRC sur la demande de rejet dans la liste RDPC ». lors des débats au role n° 15, le candidat du MRC a  magistralement démontré que la tête de liste du RDPC était pris en flagrant déli d’usurpation d’identité et de faux en écriture publique, puis que son véritable nom est NDONGO ESSOMBA et non JEAN BERNARD NDONGO ESSOMBA. Il a aussi été démontré que la liste RDPC n’était composé que des Eton, et ne tenait donc pas des Manguissa qui représentent la plus importante minorité dans la Lékié Est. Il a aussi été démontré que la liste RDPC était une liste xénophobe et tribaliste, car ne contenant aucun allogène.

Le juge Clément Atangana a essayé de démontrer que « tout le monde sait qu’être suppléant ne représentait rien ». Mais il lui a été répliqué que si un Député démissionait de son poste et devaenait par exemple Ministre, ce suppléant qui « ne vaut rien » deviendrait automatiquement Député et que par ailleurs, s’il manquait un quelconque document sur le dossier d’un des candidats fut-il suppléant, ELECAM et et la Cour Constitutionnelle elle-même allait rejetter toute la liste, démontrant une fois de plus l’importance et l’utilité du suppléant, et en concluant à son endroit que si le législateur n’avait pas vu son importance ou son utilité, il ne l’aurait pas inclus, tout simplement. Le MRC a d’ailleurs conclu en relisant le fameux article 151 alinéa 3 qui dit : La  constitution  de  chaque  liste  de  candidats  doit  tenir  compte  des différentes composantes sociologiques de la circonscription concernée. Elle doit en outre tenir compte du genre.

Résultat des courses, le Conseil Constitutionnel a quand même confirmé le rejet de la liste MRC et quand même rejetté la requête du MRC demandant le rejet de la liste RDPC.

On peut dire en guise de conclusion, que le gouvernement RDPC s’est assuré de compétir seul pour éviter de mauvaises surprises comme aux dernières sénatoriales. Comment comprendre l’éviction de la Liste Lékié Est alors que les rdépécistes disaient partout qu’il ne ferait qu’une bouchées des listes mrcistes. Alors de quoi ont-ils eu peur.

La réponse vient peut_être du fait que la grossièreté avec laquelle ELECAM a refusé de recevoir les listes MRC du Mfoundi, des Hauts-Plateaux, du Bamboutos et du Wouri Est a forcé le Président National de ce parti et par ailleurs Président de la République à éviter le couroux de la communauté internationale par rapport au cas du Professeur Maurice Kamto qui est très connu et respecté dans le monde et qui est tête de liste MRC dans le Mfoundi. Par contre au vu de cette situation, le Président savait que son parti ne pouvait prendre aucun risque dans ces deux circonscriptions (qui constituent la vraie base du pouvoir RDPC), en mettant en même temps devant et derrière le RDPC (MFOUNDI - LÉKIÉ) les listes dangereuses du MRC. C’est donc la raison pour laquelle la liste MRC Lékié Est a été sacrifiée. Le MRC attend donc maintenant le prochain guet-àpens contre ses listes, surtout celle du Mfoudi où compétit le Président National du MRC.

Vous voyez bien que nous nous retrouvons devant un drame cornélien. D’un coté, nous sommes tous obligés de « respecter les institutions ». De l’autre coté, nous ne pouvons que constater et dénoncer l’inanité du système. En fait des deux cotés le mal est infini. You do, you’re damned, you don’t, you’re damned. Que faut donc t’il faire ? That’s a good question. Le Président Kamto a appelé cela : « la difficulté d’exister ».

Toutefois, en interprétant une déclaration le président Barack Obama: «Le Cameroun sera ce que nous en ferons. Nous avons le pouvoir de responsabiliser nos dirigeants et de bâtir des institutions qui servent le peuple. Nous pouvons servir nos communautés et mettre notre énergie et notre savoir à contribution pour créer de nouvelles richesses ainsi que de nouvelles connexions avec le monde. Nous pouvons conquérir la maladie, mettre fin aux conflits et réaliser le changement à partir de la base.  Nous pouvons faire tout cela.

En dehors des actions que notre parti entreprend, il est important prodiguer quelques conseils à tous les citoyens camerounais

1. AU PEUPLE CAMEROUNAIS

Personne ne viendra ici changer le cours de notre destin si nous ne nous en préoccupons pas nous-mêmes. On ne demande pas de changer l’avenir, mais de le permettre.
Le Président de la République a développé le culte de l’indispensabilité qui peut à terme le perdre ;
Nul n’est maître du temps et des circonstances car on peut une partie du peuple tout le temps, on peut tromper tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuples tout le temps ;
Lorsqu’un homme seul rêve, ce n’est qu’un rêve. Mais si beaucoup d’hommes rêvent ensemble, c’est le début d’une réalité. Alors rêvons ensemble.

 

Concluant son premier discours en Afrique sub-saharienne en tant que président des Etats-Unis, le président Barack Obama déclara, je cite : «Le monde sera ce que vous en ferez. Vous avez le pouvoir de responsabiliser vos dirigeants et de bâtir des institutions qui servent le peuple. Vous pouvez servir vos communautés et mettre votre énergie et votre savoir à contribution pour créer de nouvelles richesses ainsi que de nouvelles connexions avec le monde. Vous pouvez conquérir la maladie, mettre fin aux conflits et réaliser le changement à partir de la base. Vous pouvez faire tout cela. » Fin de citation.

2. À CEUX QUI SONT AU POUVOIR AUJOURD’HUI

Nous ne pouvons pas nous permettre de nous retrouver dans une situation ubuesque comme en Cote d’Ivoire en ce moment ;
Nous avons beaucoup de choses inachevées. Nous avons un arsenal constitutionnel qui est à cheval entre trois constitutions ;
Vous surfez sur des promesses électorales fallacieuses, à travers un management de type événementiel sans réel projet de société ;
Vous participez à la paupérisation de la société ;
Le Président de la République a lui-même fait le procès d’une gouvernance en panne.
Quand le peuple se fâche, les moyens de lutte qu’il utilise dépendent largement de ceux utilisés par l’oppresseur ;
On ne vous demande pas de changer l’avenir, mais de le permettre ;
Nul n’est maître du temps et des circonstances ;
Le Président de la République a développé le culte de l’indispensabilité qui peut à terme le perdre ;
Il est donc temps d’en finir avec l’hégémonie du parti de l’État ;
Et un seul mot, ne continuez pas. Assoyons-nous sous l’arbre à palabre et parlementons, pour le bien des futures générations de chers beau pays.
En définitive, encourager l’exercice du droit de participation au processus politique participe de l’effort de promotion des droits humains. Fournir un cadre d’échange et encourager les acteurs de la société civile à exercer leurs droits démocratiques est un moyen par lequel le gouvernement camerounais doit perpétuer les héritages des grands de ce monde : Kennedy, King, Um Nyobé, Lumumba, et de bien d’autres personnalités qui se sont battues et ont donné leur vie pour donner une traduction concrète au slogan « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

© Correspondance de : Fabien Assigana


25/08/2013
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 299 autres membres