Assemblée Nationale: Laurent Esso, Ministre de la Justice, parle de Bibi Ngota et Vanessa Tchatchou
YAOUNDE - 05 JUILLET 2012
© Boris Bertolt | Mutations
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S’agissant de l’affaire Bibi Ngota, c’était la première fois que M. Esso s’exprime publiquement. A l’époque des faits, il était secrétaire général de la présidence de la République. Le rapport de la Commission des lois constitutionnelles lu par le député Jean Eone relève que : « Le ministre a donné lecture des différentes correspondances y afférentes (affaire Bibi Ngota). Dans la toute première, manuscrite et signée de l’expéditeur, le journaliste Germain Cyrille Ngota Ngota, adressée à monsieur le secrétaire général de la présidence de la République. Après cette correspondance, le ministre d’Etat a reçu un second protocole d’interview dactylographié et signé de Harrys Robert Mintya Meka à laquelle était jointe la copie d’une lettre estampillée d’un cachet confidentiel prétendûment adressé par le Sgpr à monsieur l’administrateur directeur général de la Société nationale des hydrocarbures (Adolphe Moudiki) faisant état d’une instruction lui demandant de « procéder dans les meilleurs délais et en toute confidentialité au paiement en avance de la somme de 1 milliard 342 millions de Fcfa représentant les frais de commissions pour l’acquisition d’une barge dénommée Rio del rey ». Le rapporteur poursuit : « Ne se reconnaissant pas auteur de la dite correspondance, car rédigée sur entête contrefaite des armoiries de la République du Cameroun, le Sgpr l’a transmise aux services de la police judicaire pour exploitation. Après vérification par la Dgre, cette lettre contrefaite a été à l’origine de l’arrestation pour contrefaçon, falsification de timbre et signature de Ngota Ngota et par la suite de certains de ses complices, Harrys Robert Mintya Meka et Sabouang Yen Serge. Le dernier complice Nko’o Mvondo Hervé, en fuite, fait l’objet d’un mandat non exécuté. M. Laurent Esso a poursuivi son propos sur la question en soulignant que malgré la gravité des faits, il n’a jamais intenté un procès en diffamation ni en dénonciation contre Ngota Ngota décédé le 22 avril 2011 à la prison de Kondengui des suites de maladie». A la question de savoir d’où est partie l’information selon laquelle Bibi Ngota était séropositif, il affirme ne rien en savoir. Ceci d’autant plus que « l’information judiciaire est secrète ». Pourtant, c’est son collègue, membre du gouvernement, Issa Tchiroma, qui, quelques jours après le décès de Bibi Ngota, avait donné une conférence de presse pour justifier la séropositivité de Bibi Ngota. Une sortie alors vivement dénoncée par l’Ordre des médecins du Cameroun. Sur l’affaire Vanessa Tchatchou, le député Théodore Datouo voulait savoir si M. Laurent Esso a rencontré l’ancienne magistrate de Mfou, Caroline Mejang Ndikum, dont le nom est cité dans cette affaire et aujourd’hui en service dans son ministère ? Sur cette question, le ministre n’apportera aucune réponse. Se contentant simplement d’indiquer que « l’instruction est presque bouclée et les tests Adn commandés aux Etats-Unis sont déjà là ». |