Affaire Atangana Mebara: La défense remet en cause les chiffres

Yaoundé, 27 Août 2013
© Brice MBEZE | Cameroon Tribune

 

Le conseil de l'ex-Sgpr clame l'innocence de son client.

 

 

9 millions de dollars. 10 millions de dollars. 12 millions de dollars (environ 6 milliards de F). La bataille des chiffres fait rage dans l'affaire qui oppose le Ministère public à Jean-Marie Atangana Mebara, ex-Sgpr, Inoni Ephraïm, ex-Sgpr adjoint n°2, Otélé Essomba, DGA d'APM et Kévin Joseph Walls, DG d'APM Londres. Hier, la défense a démarré avec la présentation des plaidoiries. Le bal a été ouvert par Me Claude Assira et Me Françoise Ekani, avocats de Jean-Marie Atangana Mebara. Le duo a battu en brèche les arguments de l'accusation et de la partie civile qui avaient requis la culpabilité des prévenus. Le conseil de Jean-Marie Atangana Mebara affirme qu'il «n'y a pas de surplus» dans le paiement des arriérés de loyers des avions de la Camair à Ansett. Il soutient que ni la Camair, ni le Ministère public, encore moins la partie civile ne se sont entendus sur la créance réelle de la Camair vis-à-vis de la société australienne spécialisée dans la location des avions. Le deuxième chef d'inculpation est relatif au détournement de la somme de 1,4 milliard de F, représentant le surplus de la dette. Me Claude Assira estime que la responsabilité de son client ne saurait être engagée. Pour soutenir sa thèse, il a même présenté les coupures de presse de Cameroon Tribune de juin 2002 dans lesquelles le quotidien national bilingue rendait compte de la crise à la Camair. 

Me Claude Assira a inauguré sa plaidoirie par le premier chef d'inculpation à savoir le détournement de la somme de 287 millions de F distraits, selon le parquet, dans le cadre de l'audit des loyers de la Camair. Le Ministère public dénonce ce marché passé de gré à gré en violation de la procédure des marchés. La loi camerounaise interdit une telle pratique lorsque la somme est supérieure à 50 millions de F. Le conseil de Jean-Marie Atangana Mebara soutient que son client n'a pas violé la réglementation sur les marchés et qu'il «avait agi dans le cadre de ses fonctions de Secrétaire général de la présidence de la République. La défense regrette que l'accusation ne retienne que la correspondance du 29 janvier 2003 signée de l'ex-Sgpr ordonnant au Ministre des Transports de signer le contrat avec APM alors que d'autres lettres avaient été signées bien avant par d'autres responsables. «Aucune faute professionnelle ne peut être reprochée à Jean-Marie Atangana Mebara», a soutenu Claude Assira. Me Françoise Ekani, elle, "est revenue sur le parcours de l'accusé et les droits de la défense qui, selon l'avocat, ont été bafoués lors de l'instruction. Les plaidoiries de la défense se poursuivront, la semaine prochaine, avec les avocats d'Inoni Ephraïm et d'Otélé Essomba. L'audience était présidée par Yap Abdou. Le Ministère public était représenté par les avocats généraux près le Tcs.



27/08/2013
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