Ngansop Kamdem Kevine est incarcérée depuis le 16 janvier 2013 à la prison de New-Bell où elle a été mise sous mandat de dépôt par le procureur de la République en attendant son jugement.
Depuis le 16 janvier 2013, la cellule des femmes de la prison de New-Bell a une nouvelle pensionnaire. Mineure de 16 ans, Ngansop Kamdem Kevine est accusée d’avoir dérobé la somme de 1.700.000 Fcfa appartenant à une tante chez qui elle est allée passer les vacances. Elève en classe de 4è au lycée de Mambanda, la jeune fille rencontrée le 5 mars dernier, raconte sa mésaventure.
Les faits remontent au 9 janvier 2013. Sa tante qui vient de prendre sa douche constate la disparition de son argent. Les premiers soupçons sont portés sur sa nièce qui « habite avec elle depuis près de deux mois ». Malgré l’intercession des voisins, Ngansop Kamdem Kevine est conduite à la brigade de gendarmerie de Bonabéri. Elle y sera gardée à vue pendant plusieurs jours avant d’être présentée au procureur de la République près du tribunal de première instance Douala-Bonanjo.
Et depuis le 16 janvier 2013, la jeune Ngansop Kamdem Kevine au même titre qu’une soixantaine d’autres femmes est incarcérée à la prison de New-Bell. « Le 23 janvier dernier, j’ai été présentée au juge d’instruction », confie-t-elle toute en larmes.
Jeune fille délinquante
Si elle ne nie pas avoir commis l’acte qui lui est reproché, elle conteste le montant évoqué. « Ce jour-là, raconte-elle, j’ai attendu que ma tante aille se laver pour que j’entre dans sa chambre. Elle m’accuse d’avoir pris 1.700.000 Fcfa pourtant je reconnais avoir soutiré seulement 100.000 Fcfa. Je vous assure que c’est vrai. Si j’avais pris une telle somme, je vous l’aurais avoué. Que ferai-je avec autant d’argent ? » Qu’a-t-elle fait de cet argent qu’elle affirme avoir pris sans autorisation ? Elle n’en dit mot.
Pour un proche de la tante, l’aveu est incomplet. «Elle ment. Elle reconnaît avoir pris l’argent mais seulement 100.000Fcfa. Et le reste alors ?» s’interroge Julien.T. Le chef service action sociale de la prison de New-Bell enfonce le clou « C’est une jeune fille délinquante. Qui n’a pas grandi avec ses parents.
Selon Me Stéphane Ndjeyip, la jeune fille devrait bénéficier d’une assistance psychologique. « Elle devrait plutôt séjourner dans un centre de rééducation. Mais puisqu’il n’en existe pas dans notre pays, elle est contrainte d’être là où elle se trouve actuellement. Il lui faut une assistance judiciaire », confie-t-il.
La pauvre se sent abandonnée des siens depuis son
incarcération. « Seule ma grand’mère est venue me rendre visite. Ma mère
(Antoinette Domgne, Ndlr) n’est pas encore passée ici», affirme-t-elle.