Guerre contre la Syrie : derniers agissements...

«Si vous ne pouvez pas entendre les tambours de guerre, il vous faut être sourd»

Al Ahed

Chasseur américain

Les tambours de guerre se font de nouveau entendre. Cette fois-ci c'est la Syrie qui est dans la ligne de mire.
A Washington comme à Londres, les responsables préparent des plans pour une possible intervention militaire en Syrie.


L’option kosovare est la plus préférable. Selon la presse américaine de mardi, le président américain Barack Obama étudie une attaque contre la Syrie qui serait «brève» et de «portée limitée».

Cette attaque ne durerait probablement pas plus de deux jours et permettrait aux Etats-UnisUne attaque américaine serait brève et limitée d'éviter une implication plus grande dans la guerre qui déchire la Syrie depuis mars 2011, avançait le Washington Post, citant des responsables non identifiés de l'administration US.

Le New York Times estimait lui aussi qu’Obama, qui réfléchissait encore à l'option militaire, donnerait probablement l'ordre d'une opération limitée.

Il pourrait alors s'agir de tirs de missiles de croisière depuis des bâtiments américains en Méditerranée sur des cibles militaires syriennes, estime le quotidien en citant des sources de l'administration.

«Une intervention serait ponctuelle et ne viserait pas à renverser le président Bachar al-Assad ni à inverser le cours de la guerre civile en Syrie», ajoute le journal.

Les Etats-Unis mènent des tractations sur la marche à suivre avec les grandes capitales occidentales mais ont peu d'espoir d'obtenir un feu vert du Conseil de sécurité de l'ONU en raison de l'opposition farouche de la Russie.

L’administration américaine pourrait décider de se passer de l’aval onusien et former une coalition internationale ad hoc, à l’instar de l’alliance militaire conduite sous l’égide de l’Otan en 1999 au Kosovo.

Activité accrue sur une base britannique de Chypre

Principal allié de Washington, le Royaume-Uni prépare aussi «des plans pour une possible action militaire en réponse à l'usage d'armes chimiques en Syrie», a déclaré mardi un porte-parole du Premier ministre David Cameron.

Selon lui, le chef du gouvernement, qui a écourté ses vacances «en raison de la situation en Syrie», déciderait ce mardi de convoquer ou non le Parlement britannique, actuellement en vacances, pour y débattre d'une éventuelle intervention.

Dans ce sens, le quotidien britannique The Guardian a révélé mardi que «depuis lundi, la base militaire britannique Akrotiri à Chypre, soit à environ 160 km à l’ouest de la frontière syrienne, serait le théâtre d'un regain d'activité».

Deux pilotes de ligne faisant presque tous les lundis le voyage jusqu’à Larnaca ont confié au quotidien britannique avoir vu de la fenêtre de leur cockpit des avions de transport militaire de type C-130 et avoir repéré sur l’écran de leur radar des avions de chasse, dont ils pensent qu'ils viennent d'Europe.

De même, des personnes vivant à proximité de l'aérodrome ont confirmé au Guardian avoir noté une activité plus intense ces dernières quarante-huit heures sur la base.

«Si l’ordre est donné de lancer des frappes aériennes sur la Syrie, il y a de fortes chances pour que Chypre soit au cœur de cette campagne militaire», considère le Guardian.

Cibles probables

Cibles de guerre SyrieEn parallèle, le quotidien a présenté un plan des cibles probables en Syrie pour ces avions de guerre.

«Pour porter un coup sévère à Damas, les occidentaux vont probablement concentrer leur feu sur la principale force du régime, les unités d'élite», a également souligné le Guardian.

Une autre cible probable, selon le rapport, serait la Garde républicaine, déployée autour du palais présidentiel et dans le complexe militaire de Qassioune, au nord de la capitale syrienne.

Au cours du weekend, David Cameron s'était entretenu au téléphone avec les présidents américain Barack Obama et français François Hollande, en vue d'apporter une "réponse sérieuse" à l'attaque chimique présumée près de Damas le 21 août.

Lundi, Londres a indiqué, par le biais de son ministre des Affaires étrangères William Hague, qu'une action des occidentaux en Syrie serait possible «même sans aval du Conseil de sécurité de l'ONU».

«Lourdes conséquences»

Moscou a pour sa part lancé lundi une mise en garde contre une intervention militaire sans aval du Conseil de sécurité, estimant qu'elle serait «dangereuse» et constituerait «une violation du droit international».

«Une intervention militaire aurait des conséquences catastrophiques», a insisté mardi la diplomatie russe.

Dans le même contexte, Téhéran a prévenu le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires politiques, Jeffrey Feltman qu'une intervention militaire contre Damas aurait «de lourdes conséquences» non seulement pour la Syrie mais aussi pour toute la région.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a réaffirmé mardi qu'il existait «des preuves» de la responsabilité des rebelles syriens dans l'attaque et que celles-ci avaient été «présentées par la Russie au Conseil de sécurité» de l'ONU.

Rappelant la «situation très sensible» de la région, il a dit «espérer que les dirigeants américains et certains pays européens feront preuve de suffisamment de sagesse, d'autant plus qu'il n'y a pas d'autorisation du Conseil de sécurité» pour une opération militaire.

L'Iran a multiplié ces derniers jours les mises en garde contre une intervention militaire étrangère en Syrie.

La situation dans la région est tellement compliquée, faisant écho aux propos de Henry Kissinger, ancien secrétaire d'Etat américain de l'ère Nixon: «Si vous ne pouvez pas entendre les tambours de guerre, il vous faut être sourd».




28/08/2013
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